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Nos racines

Nos racines (2)

  Plan :
Enfance     
    Le Vieux fou  
    Une crise existentielle salutaire  
    Il a rencontré le Christ  
    Compagnon de Jésus  
    Pionnier de l'évangélisation radiophonique
 
    Fondateur malgré lui  
    Arrivée en France  
    Retour en Espagne  
    Mort sur la brèche  
    Notre héritage C.P.C.R.  
 

Audio :

Une vie, un prêtre

 
  Petite biographie du St Ignace de Loyola
   

 

 

Paco enfant

Enfance
Le 14 juin 1883, au numéro 6 de la rue Lauria de la ville de Barcelone, nait le petit François de Paule Vallet Arnau. Il est baptisé quelques jours plus tard à l’Église Saint François de Paule. Au sein d'une famille espagnole haute en couleur se déroulera une enfance heureuse, juste de temps à autre ballotée par les divers déménagements qu'entreprend son père lorsqu'il vend les maisons qu'il a fini de construire...

 

 

 

 

Paco en vélo

Le vieux fou
Paco, le vieux fou, comme l'appellent ses amis, est doté d'un tempérament joyeux et créatif. Une âme d'artiste vibre en cette personnalité sensible. Il suit ses études d'ingénieur avec plus d'intérêt pour l'amusement semble-t-il que pour le diplôme de fin d'année... Il se lance avec passion dans le théâtre, la poésie où il cherche à épanouir son âme sensible. Il est enjoué et possède un ascendant naturel sur ceux qui l'approchent. Soucieux du bien de ses semblables il pense qu'en se lançant dans la politique il parviendra ainsi à coopérer à la création d'un monde meilleur... Sa riche personnalité semble être appelée sur tous les fronts... Cette âme est trop riche pour les demi-mesures, les compromis. Lui qui était prêt à laisser sa peau pour toutes les bonnes causes, finira peut-être, à défaut d'y laisser sa carcasse, par y laisser son espérance, propre de la jeunesse.

 

 

Une crise existentielle salutaire
Paco DandyPaco Vallet va de désillusion en désillusion. Il fait ce qu’on appelle aujourd’hui une crise existentielle. Il continu à fréquenter les milieux de la politique, de l’art, mais il est déçu, il découvre intrigues, jalousies, envies, mesquineries...Je me rendis compte que l’immense majorité des hommes était esclave. Dans l’art, la littérature, la politique... l’homme est esclave de ses passions positives et négatives...
Deux choses restent cependant vives en son cœur : L’amour de la vérité, de la beauté, de l’amour et un ardent désir de consacrer son existence entière au bien de ses semblables. Et sans le savoir il fait ce qu’on appelle la prière de l’incroyant : Si Vous existez faites que j’arrive à Vous trouver.
Il sent la nécessité de prendre du recul, il soupire après la solitude, le silence, la contemplation afin de poser son existence et d’en saisir le sens.
Je suis arrivé à 23, sans avoir un seul moment de ma vie pensé au POURQUOI de ma vie...  J’ai étudié les mathématiques, les sciences, la philosophie, les arts... Mais je ne me suis jamais étudié moi-même.Grotte de Manrèse
Il a besoin de discerner pour trouver le soleil qui réchauffe le cœur sans le dessécher. Il pense alors aux Exercices de St Ignace dont il avait entendu parler. Mais, il ne sait trop si cela est possible, à cette époque, en effet, ils sont encore principalement réservés aux prêtres et aux religieux. Il se renseigne quand même.grotte de Manrèse.
Pour faire les Exercices - lui dit-on- il faut en sentir le besoin et avoir envie de les faire. Sa réponse fut immédiate : Je veux les faire parce que j’en ai besoin. Il réunissait les deux conditions. Mais comme bon nombre de nos retraitants il connut tous les empêchements possibles et imaginables pour ne pas aller à cette retraite. Il finit cependant par faire cette expérience spirituelle à Manrèse, là où St Ignace lui-même s’était retiré quelques 4 siècles auparavant. Et en 10 ou 12 jours il découvre la liberté, la vérité, l’espérance, la paix, l’amour.

 

 

New paco

Il a rencontré le Christ 
Coeur de JésusLà, dans une profonde intimité avec Dieu, se produit sa conversion radicale. Le jeune homme complètement désorienté du départ, se décide en ces peu de jours à devenir jésuite. Que s’est-il passé ? C'est un miracle que le Père Vallet lui-même résume ainsi dans les vers d’un poème autobiographique : Là il se sauva d''un grand naufrage; là, sa foi ressuscita . Il rentre à Barcelone fou des Exercices et totalement transformé, si bien que lorsque son petit frère lui ouvre la porte cette transformation lui saute aux yeux et il s’écrie : Paco n’est plus Paco !
Il pense que ce qui lui a fait du bien peut faire du bien aux autres. Vraiment ce moyen si efficace, il faut le faire connaitre au plus grand nombre.


 

Paco étudiant jésuite

 

Compagnon de Jésus

Il se décide donc à consacrer sa vie à aider les âmes à faire la même Rencontre qu'il a connue. Pour cela il entrera donc chez les Jésuites, il sera prêtre. À Gandie, près de Valence, (Espagne) au noviciat de la Compagnie de Jésus. Encore novice, il met déja sur pied des retraites selon les Exercices Spirituels. Ses talents d’organisateur efficace se manifestent clairement. Sa formation terminée, le Frère Vallet prononce ses premiers vœux. Il est désormais jésuite, il pourra consacrer sa vie à la prédication des retraites…

 

 

 

Pionnier de l’évangélisation radiophonique
foule d'hommes pour conférenceIl continue son infatigable travail pour la diffusion des Exercices Spirituels parmi les hommes adultes, menant jour après jour son combat pour le salut des âmes. C'est ainsi qu'il deviendra le pionnier de l’évangélisation radiophonique. Dans les bars, les salons, les foyers ont suit avec intérêt sa prédication... Les ondes qui transmettront cette voix au-delà de la mer et des montagnes... dit-il dans son poème.
En 5 ans, en Catalogne, 12 500 hommes vont faire l'expérience des Exercices en retraite fermée. C’est une véritable re-christianisation de la région. Son travail inlassable ébranle sa santé. Le Père Vallet est contraint de prendre un temps de repos au monastère cistercien de Véruela, près de Saragosse. C’est là, le 3 juin 1927, tandis qu’il prie devant le Tabernacle, qu'il reçoit l’inspiration de fonder une nouvelle famille religieuse pour étendre l'Oeuvre des Exercices Paroissiaux par toute la terre .


 

 

Fondateur, malgré lui
premiers compagnonsPour répondre à l'appel du Seigneur, alors qu'il se sent le plus incapable, le plus indigne, le Père quittera la Compagnie qu'il aimait comme sa mère.Père Vallet à cheval
Le 3 mai 1928, il se retrouve seul, sans un sou en poche. Mais il ne renoncera jamais à l'héritage précieux reçu de Saint Ignace de Loyola… Il n'en porte plus le titre officiel mais il demeure en son cœur le compagnon fidèle de son Seigneur.
Providentiellement il se trouve incardiné au diocèse de Salto, en Uruguay. Le 5 juin 1929 il s'embarque pour l’Amérique du Sud avec les premiers Coopérateurs Paroissiaux du Christ Roi. Il y demeurera jusqu’en mars 1932.
Après une difficile, intense et fertile étape urugayenne, il décide de retourner en Europe, mais il n’omettra jamais de maintenir un lien avec ce diocèse qui, le premier, l'a accueilli.

 

 

 

Arrivée en France
Une mémorable retraite inaugure en France, en avril 1934, la Maison d’Exercices Spirituels Nazareth de Chabeuil. L’Oeuvre en France est déja en marche et sa croissance, ainsi que celle des communautés de Coopérateurs ne sera pas freinée par les tensions que provoque l’occupation allemande.
premières Soeurs CPCREn 1943, selon un désir qu'il portait depuis longtemps dans son cœur, il fonde les Coopératrices Paroissiales du Christ Roi. Il voit d'abord en elles un corps d'âmes priantes qui obtient du Seigneur les grâces dont les Pères prédicateurs et les retraitants ont besoin.
Mais, avec la Libération française survient le chaos politique et social… Le Père Vallet est arrêté et sérieusement menacé de mort par un groupe de maquisards… Ils ne sont pas tous d'accord sur le sort à réserver à cet espagnol. Cependant la Providence, toujours présente au bon moment, mettra fin à cette histoire. Un grand chef du maquis connait ce prêtre, il prend sa défense, il sera son protecteur, son laisser-passer.

 

 

Retour en Espagne
Père Vallet prêchant doigt pointé


Le Père Fondateur regagne l’Espagne. Ses premiers Coopérateurs qui arrivent à Madrid n’ont rien perdu de l’esprit de la Fondation. En septembre 1945 est instituée la Casa Cristo Rey à Canillejas (Madrid). Quelques mois plus tard, la Communauté se déplace à Pozuelo de Alarcon, dernier endroit témoin de l’infatigable zèle apostolique du Père Vallet.Père Vallet sur un banc

 

 

 

 

Mort sur la brèche
Le 13 aout 1947, alors qu’il donne une retraite d’Exercices Spirituels, il meurt comme il a toujours vécu : en pleine activité, au service de l’Église. S'accomplit ainsi le désir qu'il avait clairement exprimé : mourir sur la brèche.

 



hommes paroisseNotre héritage C.P.C.R.

 

L’objectif du Père Vallet est simple
Que l’homme à travers tout ce qu’il est, possède et réalise, tende à la gloire de Dieu pour laquelle il est créé.

Pourquoi l’homme ?
D’abord pour être fidèle au charisme qu’il a reçu, à Jeanne Jugan Dieu a confié les personnes âgées, à Don Bosco les jeunes, à Mère Térésa les plus pauvres… au Père Vallet l’homme adulte. Et puis parce que ce dernier bien que conservant un rôle prépondérant dans la Société laisse une place trop souvent vide à l’Eglise.

Concrètement son but
Mener les hommes dans les Maisons d'Exercices pour leur offrir un temps fort, une véritable rencontre avec le Christ en 5 jours, les aider à rayonner leur foi et les encourager à s’engager dans leur paroisse.
Le désir ardent de travailler à la re-christianisation de la société par la conversion de l’homme adulte.

 

 

Nous, femmes, nous savons toutes l'importance qu'a la conversion profonde d'un homme
sur son entourage, son milieu familial, professionnel... la société tout entière.
C'est pourquoi nous sommes convaincues de l'importance de cet apostolat.

divers couples

 
Merci à toi, femme, pour le seul fait d'être femme! Par la perception propre à ta féminité,
tu enrichis la compréhension du monde et tu contribues à la pleine vérité des relations humaines

Jean Paul II Lettre aux Femmes - 1995


portrait Père Vallet

 

 

 Audio :   Une vie, un prêtre... par Jean GALERON

 


Saint Ignace de Loyola

Écrit par mercredi, 02 juillet 2014 09:13

 

De la cour du roi à la Cour Céleste... 
St Ignace a été nommé Patron céleste des Exercices par Pie XI

  Plan :     Connaitre un Saint...      
    Le parcours spirituel de St Ignace... Parcours du combattant  
    Une place au soleil  
    Un boulet de canon français met à terre le fier capitaine
 
    Impensable de paraitre ainsi à la Cour  
    Changement de modèles
 
    L'homme-au-sac  
    Le fier capitaine n'est plus  
    Ignace maître du combat spirituel  
    Naissance des "Exercices spirituels"
 
   Audio  :
 De la cour du roi à la Cour céleste...  
       
  Petite biographie du Père François de Paule Vallet

Il y a plusieurs façons de connaître un Saint.
On peut le connaître intellectuellement. On peut tout savoir de sa vie, son histoire et ne l'avoir jamais rencontré. On peut aussi avoir la grâce de
le rencontrer et alors la connaissance qu'on en a, est tout autre. On le prie, il intercède pour nous. Nous avons avec lui une relation vivante, il devient un ami. C'est cette connaissance que nous vous souhaitons de St Ignace.

Cela n'empêche pas, bien au contraire, de connaître un peu son histoire, son cheminement. De nombreux ouvrages et d'excellents auteurs vous renseigneront sur Inigo Lopez de Loyola.
Vous pourrez aussi le connaître, à travers l'ouvrage-référence qu'est Le récit du pèlerin ou Autobiographie d’Ignace de Loyola. Dans cet ouvrage, à la demande de ses premiers compagnons, Ignace raconte son cheminement et sa rencontre avec Dieu.

 

 

 

 

Le parcours spirituel de St Ignace a quelque chose du parcours du combattant
timpan basilic

Inigo Lopez de Loyola est né en 1491 à Azpeitia, Pays Basque espagnol. Il meurt le 31 juillet 1556 à Rome. Entre ces deux dates, toute une vie se déroule, de la Cour des Grands d'Espagne à la Cour céleste. Tout un parcours et quel parcours !

 

 


 

 

 

 

 

 Ignace sur un cheval cabré





Une place au soleil
De petite noblesse basque, Ignace rêve de se faire une place au soleil, de paraître parmi les Grands. À l'âge de 15 ans, orphelin de père et de mère, il devient page à la cour de Ferdinand d'Aragon. Pendant 10 ans, plein d'ambition, doté d'un fort tempérament, Ignace connaîtra les jeux et les intrigues de Cour. Il cherche à séduire, à se distinguer et n'hésite pas à se battre en duel, s'il lui semble que son honneur est bafoué. Dans son autobiographie, il dit de lui qu'
il fut un homme adonné aux vanités du monde et, principalement, il se délectait dans l'exercice des armes.

 









Un boulet de canon français met à terre le fier capitainecanon

En 1517, Ignace sert le duc de Lara, vice-roi de Navarre. Il a 30 ans lorsqu'il prend part à la défense de Pampelune. Les troupes de François 1er sont bien supérieures en nombre, les Espagnols n'ont aucune chance. Mais pour le fier Inigo, il est impensable de se rendre. Plutôt la mort qu'un tel déshonneur ! On imagine aisément ce tempérament de feu enflammer les troupes et crier : celui qui veut se distinguer davantage au service de son Roi, qu'il me suive ! Divers films espagnols retraçant la vie d'Ignace nous croquent savoureusement cet épisode (cf. "St Ignacio de Loyola" -film de 1949- sur un cheval cabré, on voit le fier capitaine exhorter ses hommes à combattre jusqu'à la mort.)
Dieu a là une forte personnalité. Pour rencontrer Ignace, Il se servira simplement d'un boulet de canon français. Une jambe brisée, Ignace est à terre; les troupes préfèrent arrêter les dégâts et rendre les armes. Le fier Hidalgo est blessé dans sa chair, mais son honneur est sauf.
convalesecne de St Ignace

 

Cette bravoure manifestée, lors du siège de Pampelune, l'a précédé au château de Loyola, chez son frère aîné, où on l'accueille en héros. Le capitaine de Loyola sera soigné à la demeure familiale. Il fait les frais d'une "chirurgie" douloureuse et délicate qui parvient cependant à réduire la fracture et, par la même occasion, la jambe droite. Ignace va mieux, mais il ne peut supporter cette infirmité qui l'éloignerait à jamais de l'armée espagnole et de la femme qu'il aime. Ignace rêvait de séduire une femme de la cour, mais pas n'importe quelle femme. La dame de ses rêves était d'un rang si élevé qu'il n'osait même pas prononcer son nom.

 

 

 

 

 

 

Impensable de paraitre ainsi à la Cour

Qu'importe la souffrance, pour cet Hidalgo, il est impensable de paraître claudiquant à la cour. Impensable de paraître dans ses beaux collants avec cette vilaine excroissance sous le genou, face à la femme qu'il aime. Que les chirurgiens se distinguent, à leur tour, davantage dans leur science pour lui rendre ses avantages ! Et c'est ainsi, cette fois par vanité, qu'Ignace choisit la souffrance, voire peut-être la mort, plutôt que le déshonneur ! Avec toutes ces opérations, il est vrai que la jambe s'allonge et, avec elle, la convalescence. Au fil des jours, l'ennui et la souffrance se tiennent compagnie. Mais, parce que Dieu a un plan bien plus grand pour le fier capitaine que celui de paraître dans l'assemblée des Grands de ce monde, Il se sert de ce repos forcé, prolongé par vanité, pour permettre à Ignace d'entrer en lui-même. L'ambitieux Inigo, qui rêvait encore de rivaliser avec les plus fines lames du royaume, va découvrir un combat et des " Maîtres d'armes " bien plus subtils que ceux de l'escrime.inigo livre


À défaut d'avoir survécu à toutes ces médecines et pour tuer le temps, Ignace réclame à sa pieuse belle-sœur quelques romans de chevalerie. Pieux mensonge ou vérité pieuse, celle-ci ne peut lui offrir en guise de lecture que la vie de Notre Seigneur et la vie des Saints. Déception d'Ignace à la vue d'une telle collection. Qu'importe ! Si son corps est faible, son imagination est encore assez vive, elle saura l'enflammer pour inventer quelques actes de bravoure qu'il réalisera, dès qu'il ira mieux... et, en effet, il s'enflamme des heures durant... Mais le retour à la réalité est toujours bien cuisant !

 

 

 

Changement de modèle

Finissant par faire, contre mauvaise fortune, bon cœur, Ignace, nonchalamment, va feuilleter quelques-uns de ces ouvrages. Ainsi, pendant un temps, il passe de ces écrits à ses rêves. Il prend alors conscience  que les premiers lui apportent une douce consolation, alors que les seconds le laissent vide et triste. Il fait l'expérience du "jeu des esprits"... et, petit à petit, ses modèles vont changer. Il ne s'agira plus de rivaliser avec les héros fictifs de son imagination, mais de penser que ce qu'a fait un Saint François ou un Saint Dominique mérite réflexion... Peu à peu, la vie de Notre Seigneur va aussi le passionner. Voilà ! voilà enfin un Roi qui mérite d'être servi, un Roi pour lequel on peut tout laisser comme St François... Mais après tout, ce qu'un St François a fait, ce qu'un St Dominique a fait... pourquoi pas moi ?! Et de nouveau, il sent en lui le feu couler dans ses veines pour se distinguer au service de ce Roi ! Son modèle de chevalier s'éloigne, et lui-même quitte le château de Loyola sur une mule.

Du chevalier, il gardera pourtant la noblesse de cœur et quelques manières. Dans cet esprit, il fait une dernière veillée d'arme au sanctuaire marial de Montserrat. Au petit matin, il dépose son épée aux pieds de la Vierge Marie. Il sera désormais le chevalier de Notre Dame. La cour des rois de ce monde deviendra pour lui un vieux souvenir. C'est vers la cour des miracles du Roi des rois qu'il va prendre maintenant sa place.

 

 

 

L'homme-au-sac

Son cœur est habité par le désir de se rendre au pays de son Seigneur. Il pense qu'en mettant ses pas dans les pas de son Maître, en contemplant les paysages, en  humant les parfums du pays de Jésus, il pourra ainsi mieux Le connaître, L'aimer davantage et Le suivre avec plus de générosité. Mais la peste, la guerre et bien d'autres aventures l'empêchent de s'embarquer pour la Terre Sainte, aussi rapidement qu'il l'aurait souhaité. Il prolongera alors son séjour à Manresa. Là, connu comme l'homme-au-sac, nom de la livrée dont il s'était revêtu en quittant Montserrat, il trouvera asile à l'Hospice de Ste Lucie. Pour le pèlerin, comme il se nomme alors lui-même dans son autobiographie, va commencer un impressionnant chemin intérieur.

 

Inigo et un MaureIl est vrai qu'il y a bien du travail pour enseigner à Ignace un nouveau mode de fonctionnement ! Car, il n'est pas éloigné le temps où celui-ci, en route vers Montserrat, avait sérieusement hésité à passer au fil de l'épée le Maure qui avait, lui semble-t-il, manqué de respect à sa Dame, pardon à Notre Dame. Et si sa mule ne l'avait entraîné sur un autre chemin, il aurait occis le mufle. Prenant le Ciel à témoin, il aurait persisté à faire entendre raison à ceux qui bafouaient, non plus son honneur, mais celui de son Maître, à force de duels ! Mais désireux de suivre le Christ en vérité, cette âme d'acier et de feu allait accepter de tremper dans les larmes du repentir. Humblement et douloureusement, il allait apprendre à faire siennes les armes avec lesquelles on combat sous l'étendard du Christ.

 

Pendant neuf mois que durera son séjour à Manresa, jour après jour, dans la prière, la pénitence, le service des plus pauvres, il découvrira ce tout autre combat. Il apprendra à ses dépens à connaître et à reconnaître le pire ennemi de la nature humaine (cf. « Les deux étendards »). Il découvrira, à ses frais, les armes sournoises de ce mortel ennemi. Il saura reconnaître ensuite sur de trop nombreuses oriflammes les armes masquées du  Prince de ce monde. Mais il aura aussi appris à discerner les filets, les chaînes et divers pièges qu'utilise cet Esprit satanique pour faire tomber les hommes. Il se souviendra avoir lui-même été séduit par l'étendard prometteur de richesse, d'honneur et de gloire. Il reconnaîtra, enfin, que cet ennemi ne dort jamais, qu'il connait toutes les ruses de guerre et collectionne les bottes les plus secrètes. À tout instant, il mène à toute âme un combat à mort ! Mais il demeure vrai également que Notre Seigneur ne se laisse pas vaincre en générosité et qu'Il a déjà terrassé ce terrible ennemi. À l'homme-au-sac qui passait jusqu'à 7 heures de prière à genoux, dans une grotte de Manresa, qui s'infligeait de sévères pénitences pour réparer les abus en tout genre qu'il avait commis dans sa vie passée, Il réservera de ses plus hautes grâces.

 

 

 

gisant

Le fier capitaine n'est plus

Même si les bonnes manières de l'homme-au-sac laissaient deviner quelques nobles origines à ce chevelu (Ignace négligeait maintenant sa coiffure et ses ongles que, par vanité, il avait autrefois tant soignés) le fier capitaine était bien resté terrassé sur la place de Pampelune. Une nouvelle vie commençait pour Ignace. Oui, il connut des tentations et des désolations terribles qui le menèrent au seuil du suicide. Oui, il faillit se décourager et fuir le combat, le plus rude certes qu'il n'eût jamais à livrer. Mais Dieu veillait et les consolations succédaient aux assauts harassants de l'ennemi. Les aventures dont il avait pu se vanter dans le monde, ne pouvaient, en rien, rivaliser avec l'aventure intérieure qu'il vivait alors. Un nouvel horizon s'ouvrait, bien plus vaste, bien plus beau que celui de tous les royaumes d'ici-bas réunis. Dieu fit même à l'ancien capitaine la grâce insigne de connaître l'ordre qui régentait toute chose, l'harmonie qui régnait dans le monde. Le pèlerin apprit en cette vision dite du Cardoner, plus qu'il n'apprendra jamais jusqu'à la fin de sa vie. Il comprit au plus intime de lui-même que l'homme était créé pour louer, révérer et servir son Seigneur et, par là, sauver son âme. Il comprit comment toutes les choses de la terre étaient pour l'homme, pour l'aider à atteindre sa fin, (cf. Ex. spi. n°23 ). Enfin convaincu d'avoir trouvé le Chef idéal, il s'enrôla, dès lors, sous l'étendard de Celui dont le Royaume n'est pas de ce monde et qui n'a, ici-bas, nulle armée. Qu'importe, il se contentera de se nourrir comme lui, de se vêtir de même...peinant avec lui pendant le jour et veillant la nuit, pour que, ainsi, il ait part avec lui à la victoire, comme il aura pris part à la peine. En bon sujet, Ignace répondit à l'appel d'un tel Roi, en faisant l'offrande de tout lui-même  (cf. Ex. spi. n° 91 et ss. l'Appel du roi). Puis, avec sa faveur et son aide, prenant sa croix, il Le suivit. Tout pour la plus grande gloire de Dieu !

 

 

 

Ignace maitre du combat spirituel
Ignace prêtre

 

 

Dieu se servit de ce tempérament bien trempé, pour en faire un maître du combat spirituel. Ignace s'est laissé séduire par ce Prince, ce Chef idéal, parce qu'il a eu l'humilité de baisser sa garde et ce grand Roi a pu le toucher en plein cœur. Il n'aura de cesse, alors, d'aider les autres, d'aider les âmes à faire cette rencontre avec le grand Séducteur. Que le chemin difficile qu'il a défriché, non sans peine et sans larmes, et que sa riche expérience du combat spirituel, servent au plus grand nombre, tel est son plus grand désir. Il semble, en effet, que le Seigneur des seigneurs ait voulu confier à ce petit boiteux la mission de marcher devant ses frères et de baliser pour eux le chemin de la Cour céleste. Très tôt, des Compagnons se joignirent à lui et, lorsqu'il lui faudra donner un nom à ce petit groupe d'hommes désireux de partager sa vie et son idéal, il n'en trouva point de plus juste que celui de : Compagnie de Jésus.

 

 

 

 

Naissance des « Exercices »

On peut dire qu'ainsi est né le fameux livre des Exercices de St Ignace. Il le reçut, dit-on, "comme des mains de la Sainte Vierge", lors de son séjour à Manresa. Il eut, en fait, la grâce de mettre par écrit sa propre expérience et d'affiner, tout au long de sa vie, le texte des Exercices Spirituels. Très tôt, il les donna à ses compagnons, comme à Pierre Favre et François Xavier, avec qui il partageait son logement d'étudiant.

Il eut à débattre avec l'inquisition qui se demandait quel était cet homme dont on disait qu'il avait trouvé le moyen de faire découvrir à chacun la volonté de Dieu. De bonne grâce, à chaque fois, Ignace s'est prêté à leurs questions... et, à chaque fois son livre a été reconnu comme juste. Son ouvrage fut enfin approuvé par le Pape Paul III.

 

portait Ignace

 

Quelle distance entre le temps où le fier capitaine dressé sur les remparts de Pampelune enflammait ses troupes et celui où le compagnon de Jésus, au soir de sa vie, montait doucement sur la terrasse du Gésu. Là, humblement, il retirait son bonnet et contemplait le Ciel étoilé qui lui parlait de Dieu et pleurait. Il avait, comme St François, comme St Dominique, tout laissé, pour suivre Celui-là même qui appelle les étoiles et vers qui elles viennent en tremblant.

 

Ce n'est qu'un tout petit raccourci de la vie, riche en aventures, de St Ignace que nous avons partagé avec vous ici. Il en a fallu des combats à Inigo de Loyola, avant qu'il ne devienne le Grand St Ignace, fondateur de la Compagnie de Jésus et qu'il s'assoie, enfin, à la table du Roi des rois, où Celui-ci lui avait préparé une place de toute éternité.

Sr Ch. M. C.P.C.R.

 

 

 

 

 

  Audio   :  De la cour du roi à la Cour céleste... par une Soeur C.P.C.R.